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dimanche 27 novembre 2011

Rencontre entre Alter-agglo 93 et la CGT d’Est ensemble



9 novembre 2011

Pour Alter-agglo 93 : Mariama Lescure (Pré-Saint-Gervais) et Vincent Duguet (Bondy). Dominique Attia (Montreuil) excusée.
Pour la CGT d’Est ensemble : Dominique Berrou (Bobigny), Didier Dauvergne (Romainville), Jean-François Ciccolin (Romainville), ces deux derniers collègues étant transférés.

Les camarades de la CGT font d’abord l’historique de la concertation d’Est ensemble avec les travailleurs : un groupe de pilotage composé de 14 syndicalistes a été constitué, ce collectif a ensuite été intitulé « groupe de pilotage ».

Les insuffisances ont vite remplacé les promesses selon lesquelles les droits seraient ajustés sur les meilleures garanties de chaque ville…

Ainsi la CGT demandait pour les raisons de santé qu’on connaît que le travail le dimanche soit compté double, ce n’est pas fait.
Le régime indemnitaire n’est pas le plus haut mais la moyenne. Pour le détail une Indemnité IAT groupe toutes les primes, une IEMP regroupe l’ancienne prime de vie chère, et une IAT2 compense la perte qui peut intervenir pour les salariés transférés entre l’ancienne prime et la nouvelle.

Le nombre total de salariés embauchés ou transférés est d’environ 180 aujourd’hui. Il faut noter qu’on constate une différence entre le nombre de salariés affectés aux taches (130) et les transferts (116) : il y a donc une perte d’emplois. Tout cela est cependant rendu très obscur par l’administration d’Est ensemble, peut-être à cause des villes aussi qui ne « jouent pas le jeu ».
Ainsi on avait 18 ambassadeurs du tri sur les 9 villes mais il n’y en a que 8 à Est ensemble… 4 salariés de Bobigny recensait le tonnage des déchets mais ils ne sont plus que 2 pour faire ce travail à Bobigny, Les Lilas, Le Pré, et Pantin…

A noter que les grades ne sont pas plus respectés que ce n’était le cas dans les villes, contrairement aux engagements pris également : un adjoint peut être chef d’un cadre, etc.

Il y a trois regroupements de villes, trois « unités territoriales »
1) Romainville, Noisy-le-Sec, Bondy
2) Pantin, Bobigny, Les Lilas, Le Pré-Saint-Gervais
3) Bagnolet, Montreuil

Contrairement aux promesses que les uns et les autres ont pu entendre dans leur ville, les salariés sont amenés à aller ailleurs, non seulement au sein du même regroupement de villes (unité territoriale) mais aussi d’un regroupement à l’autre.

Location de véhicules privés
: le choix d’Est ensemble est de louer l’ensemble du parc automobile. La CGT s’en inquiète (monopole du loueur vis-à-vis de la collectivité, début du marché soigné et risque de la fin du marché dégradée) et souhaite qu’Est ensemble soit propriétaire d’une pourcentage de ses véhicules pour palier un problème éventuel du loueur.

Le droit syndical pose aussi problème : si seul le syndicat CGT est déposé à l’heure actuel, les heures ne sont accordées que pour une collectivité de moins de 50 salariés, c’est-à-dire quasiment pas.

Le temps de travail est actuellement de 37,5 heures par semaine, 35 heures pour la pénibilité. Le différentiel est mis sur un Compte Epargne Temps. Le problème est que l’on passe de 9 régimes différents à un seul, et dans l’opération si les salariés perdent les jours mairie, ils ne gagnent pas l’équivalent dans le nouveau dispositif. (La perte des jours de maire concerne principalement les agents à 37,5 h puisqu'ils déduisent 42h - les congés initiales des communes d’origine, la différence étant la perte de jours… Par exemple, à Romainville : 38 jours de congés annuels pour 35 h, à Est Ensemble 37,5 h = 27 jours de congés annuels +15 RTT = 42jours de congés annuels moins les 38 j de CA à Romainville = 4 jours de compensation pour les 2,5 heures supplémentaires/semaine).
Organisation du territoire : il n’y a pas de lieu actuellement dans chaque « unité territoriale », pas de garage, de bureaux communs, etc. Cela nuit évidemment à l’efficacité et même à la simple réalité du service public intercommunal.

Quand on cumule toutes ces difficultés, toutes ces anomalies, on peut craindre avec la CGT que les insuffisances organisées du service public ne servent qu’à privatiser des pans du dit service public… Déchets et gestion de l’eau potable sont déjà « vendus », la crainte n’est pas infondée.

Concernant les transferts, à l’heure qu’il est les informations données aux syndicats sont les suivantes :
- les piscines seront transférées, ainsi que les salles qui leur sont liées quand on ne peut pas les séparer. Cela pose la question du travail les samedis et dimanches.
- les activités et les personnels des conservatoires sont transférés mais les villes restent maîtresses des lieux, des bâtiments.
- les bibliothèques ne sont pas encore transférées parce que des problèmes persistent à Romainville, Pantin et Noisy-le-Sec.
- le développement économique est transféré (les zones économiques, les espaces verts de 5ha et +, les inspecteurs de salubrité, les pépinières économiques)
- les cinémas ne seraient pas transférés : Dominique Voynet s’était engagée pour le Méliès et veut tenir sa promesse dans le cadre municipal.

samedi 17 septembre 2011

Préparation publique du conseil d'Est ensemble

Pour préparer le Conseil communautaire d'Est ensemble qui aura lieu le mardi 20 septembre 2011,
Alter-Agglo93 vous invite à une réunion la veille,

lundi 19,

au Pré Saint Gervais de 20h30 à 22h30

en salle 3

(Maison des associations, 3 Place Anatole France, à gauche du square Edmond Pépin).

dimanche 4 septembre 2011

Les déchets (tribune au mag d'Est Ensemble)


On nous dit qu’il y aura peu de changement dans la gestion des déchets pour les usagers. Comme pour l’eau, c’est réduire les habitants au rôle de consommateurs, interdits de regard sur la gestion. Pourquoi ne pas reprendre en régie publique la collecte des déchets ? Pourquoi ne pas se poser la question avant de lancer l’appel d’offres ? On nous dit : « il faut que ça nous coûte moins ! » Au bout du compte, cela coûtera toujours aux habitants. Est-ce un hasard si les mêmes multinationales que pour l’eau se sont développées sur ce « marché »… L’écologie et la démocratie méritent mieux !

Plus d’infos http://alter-agglo93.blogspot.com/ 06 63 60 87 91.

dimanche 12 juin 2011

« L’Amour au Ban » aura lieu le jeudi 23 juin 2011 à Bobigny à 20h00, Salle Pablo Neruda

C’est une pièce de Massamba Diadhiou mise en scène par Peter Tournier. A partir de situations vécues, la pièce de théâtre veut nous faire prendre conscience de ce que vivent des milliers de couples autour de nous. « L’Amour au Ban » sensibilise aux problèmes des couples franco-étrangers qui s’aiment, mais sont soupçonnés de mariage blanc. Sur le ton de l’humour, la pièce déroule des histoires vraies.

A partir de 18h30, une visite de la célèbre salle des mariages de la Mairie de Bobigny est organisée.

L’entrée est gratuite. Une buvette permettra de rentrer dans les frais.

Si nous avons choisi de monter la pièce de Massamba Diadhiou, auteur directement concerné par le sujet, c’est parce qu’elle prend justement en compte tout l’univers kafkaïen dans lequel doivent vivre les couples mixtes.

Elle nous fait traverser différentes situations où la dérision, le cynisme et l’ironie dépeignent avec humour, amour et sans le moindre misérabilisme, le parcours du combattant que subissent les couples mixtes pour se marier ou vivre ensemble.

Les incursions dans la vie privée et dans les choix personnels de vie, les interrogatoires auxquels ils doivent faire face, les interminables démarches auxquelles ils sont confrontés, témoignent de l’extraordinaire complexité du parcours de nos amoureux et de la confrontation jusqu’à l’absurde avec une législation qui ajoute des contrôles aux contrôles, des conditions aux conditions, et toujours plus d’arbitraire ...

Le plus intéressant étant que cette pièce ne relate pas des dysfonctionnements exceptionnels, mais met au jour un système répressif généralisé qui exprime la mise au ban institutionnalisée des couples mixtes dans notre pays.

Dans une mise en scène où l’imaginaire, l’humour, la dérision et l’absurde domineront, nous utiliserons ici le rire comme « rire de résistance », pour qu’il face ressortir de façon encore plus vive le tragique et le dérisoire de ces situations et conditions inhumaines.

Ainsi larmes de rire et larmes d’émotion viendront peut-être se mêler face aux destins complexes de nos couples mixtes, dignes des grandes pièces tragiques, où le contexte politique et social empêchent souvent l’amour et la vie de se réaliser et de s ‘accomplir pleinement.

La pièce de théâtre . C’est une pièce de Massamba Diadhiou mise en scène par Peter Tournier. A partir de situations vécues, la pièce de théâtre veut nous faire prendre conscience de ce que vivent des milliers de couples autour de nous. « L’Amour au Ban » sensibilise aux problèmes des couples franco-étrangers qui s’aiment, mais sont soupçonnés de mariage blanc. Sur le ton de l’humour, la pièce déroule des histoires vraies.

samedi 11 juin 2011

Vigiles à Est ensemble : aveux tardifs de Kern

Bertrand Kern cumule les fonctions de maire de Pantin et président d’Est ensemble (la communauté d’agglomération qui regroupe Bagnolet, Bobigny, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Romainville).

C’est pourquoi il n’a le temps de rien.

Imaginez qu’on lui a envoyé une lettre officielle en février 2011, il répond en juin !

Pourtant c’était simple : lors du vote de la gestion de l’eau, une soixantaine de vigiles avaient contenu vigoureusement les citoyens venus assister à la séance. La lettre demandait le nom de la société contractée, et les pièces nécessaires au dossier.

Il a tellement attendu qu’il a fallu que « Bondy autrement » demande (et obtienne) l’obligation de communiquer les documents par la Commission d’Accès aux Documents administratifs (CADA).

Monsieur le maire, voici qui témoigne d’un obscur sens de la transparence.

Qu’apprend-on dans les documents finalement communiqués ?
D’abord, que les vigiles embauchés pour filtrer les citoyens lors de la séance publique ont fait gagner 9.988,99€ à leur patron ce soir-là.
Le vote a d’ailleurs eu pour résultat de confier la gestion de l’eau des neuf villes à la multinationale VEOLIA plutôt qu’à une gestion publique. Décidément, l’argent public va souvent au privé avec ces « socialistes ».

L'objet de notre demande ne se limitait pas qu'au prix et à l'identité de cette société aux méthodes pour le moins musclées.
Il s'agissait aussi de vérifier que Kern avait bien respecté ses obligations de donneur d'ordre et notamment celles concernant le travail dissimulé.

Dans un rare élan de sincérité, Kern nous l'avoue le plus tranquillement du monde : "les autres documents demandés aux points 3 et 4 n'ont pas été sollicités dans le cadre de la consultation et ne peuvent donc vous être transmis".

C'est pourtant une obligation du Code du travail (articles L.8222-1 et D.8222-5 du Code du travail) que nous lui avions rappelé en annexe de notre demande.

M. Kern, finalement, chacun comprend pourquoi vous avez eu tant de mal à avouer ces réponses.

Transparence et gestion publique ou bien vigiles et VEOLIA, c’est une question de choix.

La lutte continue pour une gestion publique de l’eau à Est ensemble.

lundi 23 mai 2011

Déconcertante concertation à Est Ensemble

Xavier BLOT (www.expression93.fr)

Mercredi 18 mai 2011 à l’hôtel de ville de Pantin avait lieu la seconde réunion de concertation d’Est Ensemble.

D’entrée, cette réunion a été perturbée par la brigade de clowns activistes de Fricolia vérifiant que personne n’avait apporté d’eau publique, strictement interdite à Est Ensemble et plus encore à Pantin.

Armés de poireaux détecteurs d’eau publique ils fouillaient, sans même solliciter leur consentement, d’innocents séquano-dyonisiens pourtant satisfaits de payer l’eau privée de Veolia, l’une des plus chères de France et réputée pour ses taux élevés en sels d’aluminium.


Déconcertante concertation à Est Ensemble par Expression93

Aussitôt Bertrand Kern faisait dépêcher quatre agents de sa police municipale L’un d’eux avait même revêtu un gilet pare-balles. Face à des poireaux on n’est jamais trop prudent...

Dans la salle les citoyen-nes venu-es comprendre comment nos élus de gauche avaient pu reconduire la régie intéressée (c’est le cas de le dire) de l’eau à la transnationale Veolia pour 12 ans se sont retrouvés attablés par groupes de 6 à 8 puis accueillis par une chargée de com’ rémunérée pour diriger les débats.

Diriger est bien le terme approprié car furent ensuite distribuées des feuilles avec trois questions auxquelles les tables devaient répondre collectivement.

« Rédigez en silence svp et désignez un porte-parole qui viendra présenter votre travail. Vous avez une heure. Interdiction de copier sur les tables voisines » (on exagère à peine...).

Bigre ! N’étions-nous pas venus à une concertation ?

Ouvrons notre dictionnaire : concerter : agir dans un sens commun ; projeter quelque chose en commun ; discuter pour agir de concert (jouer ensemble harmonieusement).

Visiblement Kern a un tout autre dictionnaire...

Les trois questions en question sont :

Qu’est-ce qui vous différencie ?
Qu’est-ce qui vous rassemble ?
Quel avenir souhaitez-vous pour le territoire Est Ensemble ?

Pouvait-on imaginer questions plus ouvertes ? Faire débattre de l’existence de Dieu ou du sexe des anges aurait paru incongru. Là, ces trois sujets sont assez larges pour que chaque petit groupe entame une discussion qui sert plus à faire connaissance qu’à rédiger la feuille de route d’Est Ensemble (un an et demi après sa création !).

L’objectif était de faire parler de tout. Donc de rien. Et surtout pas des sujets qui fâchent.

Et quel est LE sujet qui fâche ?...

Quel feuilleton haletant a vécu Est Ensemble pendant plus d’un an ? Avec trahisons, mensonges, déchirements, violences, un article dans Libé, un reportage sur Canal+, des recours devant les juridictions administratives et bientôt une plainte au pénal ?

L’eau bien sûr !

Mais Bertrand Kern, cet étourdi, l’a oublié. Ou veut l’oublier. Ou, surtout, le faire oublier.

Grand concours de contributions refusées par le « modérateur »

A celles et ceux qui n’auraient pas pu assister à ce grand moment de démocratie participative, signalons que le site est-ensemble-concertation.fr et la page Facebook dédiée permettent de déposer vos contributions.

Hélas là aussi le modérateur veille ! Preuves en messages refusés en bas de cet article.

La coordination Eau Ile-de-France lance un grand concours de contributions refusées par ce « modérateur ».

Règlement du concours :

Rédiger deux réponses à ces trois questions (750 caractères maxi, décompte automatique sur leur site) ;
Respectant le cadre contraint de ces questions (c’est là où il faut faire preuve d’imagination afin de plonger le modérateur dans les contradictions de sa piteuse mission) ;
Aborder le thème de l’eau et toutes les questions - nombreuses ! - qui restent sans réponse ;
Bien sûr, respecter les règles de politesse en évitant insultes, diffamations, propos déplacés, rumeurs, etc. qui faciliteraient le travail du pauvre modérateur.

Le ou la gagnante sera honoré-e comme il se doit lors de la fête de la coordination le 10 juin à Bondy !

Premières contributions refusées :

michel - 54 ans - Bagnolet pesci33@free.fr

Bonjour, Pourquoi cette concertation n’a t-elle pas été mise en place quand il s’agissait de décider si EST-ENSEMBLE devait sortir ou non du Sedif ? Les élu(e)s PS, certains élu(e)s communistes et la droite ont décidé de rester dans « les griffes » de Veolia. L’avis des citoyen(ne)s étaient essentiels pour le choix entre une régie publique de l’eau ou de continuer la privatisation de l’eau , pourtant bien public mondial. Vous avez choisi que l’eau reste une marchandise entre les mains d’une société du CAC40, c’est lamentable. Ce premier dossier d’importance méritait une véritable concertation qui a été refusée

Cordialement,

Monsieur,

Suite à l’envoi de votre contribution (ci-dessus) sur le site www.est-ensemble-concertation.fr et conformément aux conditions de publication des contributions , nous ne pouvons procéder à sa publication. Cette contribution ne répond pas à tout ou partie des questions posées sur le devenir d’Est Ensemble. Aussi, tout en conservant le message que vous souhaitez faire passer, nous vous proposons de reformuler votre contribution de sorte qu’elle soit prise en compte dans la concertation menée par l’agglomération.

Le modérateur d’Est Ensemble - www.est-ensemble-concertation.fr

lundi 2 mai 2011

L'aboutissement de deux années d'efforts collectifs

CGT d'Est ensemble - avril 2011



La CGT des employés territoriaux des neuf villes d'Est ensemble nous communique ce texte. C'est bien volontiers que nous le mettons en ligne.

Un protocole d'accord est désormais signé entre la Communauté d'aggloméra­tion Est Ensemble et les syndicats.

Depuis le début d'année 2009, nous avons travaillé ensemble à la construction d'un projet trai­tant autant que possible de l'ensemble des problèmes posés par le regroupement de person­nels aux conditions d'emploi souvent très disparates. Et il aura fallu une pression considéra­ble de nos organisations tout au long de ces deux années pour que s'ouvrent des négociations.

Si la CGT a paraphé ce texte qui nous a finalement été soumis c'est qu'il entérine un certain nombre de dispositions qui apparaissent plutôt positives pour beaucoup. Des conditions de sécurisation de l'emploi pour les stagiaires et les non titulaires, de la préservation des avanta­ges particuliers acquis dans certaines villes, aux conditions de promotion et d'avancement et au régime indemnitaire, le texte signé va représenter un certain nombre d'aspects intéressants pour la majorité des personnels transférés.

Nous n'y retrouvons pas toutes nos demandes initiales, nous aurions apprécié davantage de garanties sur le droit syndical et sur le développement des activités sociales, mais l'enclenche­ment d'un dialogue plutôt constructif suggérait que nous actions positivement les avancées obtenues.

Cet accord marque donc un point d'étape dans la lutte collective des salariés du territoire pour la reconnaissance de leur apport au service public. Mais toutes les difficultés que la volonté de réforme des collectivités territoriales va provoquer pour le service public et le travail de ses agents sont loin d'être résolues.

D'autres batailles nous attendent.
Nous ne pourrons les mener que si nous sommes très nom­breux à nous unir, à agir, et à nous syndiquer.

mercredi 27 avril 2011

Est ensemble, très loin des citoyens...

Voici un compte rendu de la séance du Conseil d'agglomération Est ensemble du mardi 26 avril 2011. Merci aux présents qui voudraient apporter des précisions, notamment sur les votes, qui n'ont pas pu être tous notés exactement.

Arrivant à 18h20, je rencontre une quinzaine d'agents de sécurité, je dépasse l'ancienne maire PS de Noisy-le-Sec qui susurre « ils doivent craindre des incidents ». Incidents, voilà un mot de la novlangue pour parler des citoyens...

En tout cas pour trouver, ne prenez pas l'adresse : la rue Gaston Roussel est inconnue, elle s'appelle route de Noisy et le bâtiment d'Est ensemble est simplement celui qui est à l'entrée de l'ancien site Roussel-Ucclaf.

La salle est somptueuse, absurdement si l'on considère le nombre de réunions qu'Est ensemble y tiendra...

18h45, les élus arrivent, ils sont contents de se retrouver. Vu que la majorité PS-PC-Verts s'est attribué 90% des sièges, cela fait beaucoup d'ami-e-s à embrasser.

Ils découvrent le journal bimestriel de l'agglomération, mis devant le fait accompli comme les citoyens, au moins le principe d'égalité est respecté...
La séance commence.

2011_04_26_01: Vote du budget primitif

M. Dupont (UMP) : le vote par carte ne permet de connaître les résultats que pour le président.
Kern accepte un vote à main levée, puis explique que le mode de vote sera à déterminer en conférence de président.
M. Dupont critique la collecte par Romainville que l'agglo doit maintenant financer.
Sans surprise, il critique l'augmentation des taxes sur les entreprises (pour favoriser l'embauche, dit-il, ce qui prouve qu'il a de l'humour : depuis qu’on baisse les taxes, le chômage augmente !). Sur la partie départementale de la taxe d'habitation récupérée par l’agglomération, il demande pourquoi l'agglo reprend le même taux élevé puisqu’elle n'a pas les difficultés du conseil général. Avouons que ce dernier argument se tient.

Il critique ensuite l'emprunt qui est lancé, là aussi le discours est traditionnel chez la droite. A l’inverse, l'emprunt permet d’étaler le financement des opérations durables.
Il annonce l’abstention de l'UMP.

Diven Casarini (PC) tient un discours assez différent de la soumission habituel du PC au PS (hors période électorale) : « nous avions fait une remarque sur la transparence... » « Il existe des commissions, nous demandons qu'elles soient respectées », « la forme est garante du droit ». « Notre groupe ne donne pas de consigne de vote ».

Alain Callès (Les Verts) regrette que le vote du budget se fasse alors qu'on n'a pas le périmètre communautaire, ce qui s’explique parce que nous sommes une jeune communauté. « Nous voterons pour mais nous voudrions qu'à partir de 2012 le calendrier soit inversé ». Les Verts reprennent l’interrogation sur l’embauche de l’ingénieur chargé d’étudier le retour en gestion publique de l’eau.

Dominique Attia (Alter-Agglo93)
: Les deux élues Alter-Agglo93 voteront contre le budget proposé ce soir : ses objectifs sont essentiellement tournés vers la communication et l’institution d’Est Ensemble elle-même et pas du tout vers la consultation des citoyens. C’est ainsi que 60.434,60 euros seront consacrés à la consultation des habitants sur le projet (sans garantie que les habitants soient pris en compte comme on l’a vu sur la gestion de l’eau), tandis que ce sont 805.000 euros qui sont attribués aux indemnités des élus, 10.000 aux frais de représentation de son président, 442.290 à la communication.
Vote CONTRE d’Alter-agglo93 (gauche alternative).

M. Lefèvre (au nom du groupe PS) brode sur l’intervention de Kern et répète sa formule de « montée en puissance de notre agglomération »... « Cette dynamique se poursuivra... » « Les élus socialistes se félicitent... » « Un emprunt de 3 millions fort modeste... » « Ces propositions sont équilibrées et justes... » « Les élus du groupe socialiste y prendront toute leur part. » « La montée en puissance de notre administration »… Voilà ce que Brecht aurait appelé le « très bel art de la lèche », mais pratiqué avec une telle lourdeur que c’en est écoeurant.

Kern répond d’abord à Mme Attia : « Je ne sais pas très bien quoi répondre, je dirais qu'il est plus facile d'être contre que d'être pour » (Pauvre Kern ! Triste phrase pour quelqu'un qui se présente comme opposé à Sarkozy... Anouilh a écrit de belles choses là-dessus pendant l'Occupation). Disons seulement à M. Kern qu’il est surtout plus facile d’être du côté du manche, on comprend mieux qu’il reprenne les paroles de Sarkozy ou Fillon face à l’opposition ! « Nous mettons 10 millions d'euros au service des villes... » « Aux groupes de gauche, je les remercie de leur soutien » (justement ils n'ont pas dit ça...). « Pour l'ingénieur eau, nous avions 3 personnes candidates, une seule restait et ne nous a pas convenue. Un nouveau jury aura lieu fin mai. »
Il répond ensuite à la droite : Sur les taux d’imposition en Seine-Saint-Denis, il y a 40 départements qui ont des taux supérieurs, et ces 40 départements n'ont pas les problèmes de la Seine-Saint-Denis. Ce sont 4 millions et non pas 7 pour la collecte à Romainville. Si on réduit la taxe d'habitation, et qu'on ne fait pas d'emprunt, il faut réduire le budget (malgré toute la combativité que notre réseau met en œuvre contre la droite, sans doute que le responsable de l'UMP y avait pensé !).

CONTRE : Alter-agglo93 (2)

Abstention : une partie du PC, UMP, MODEM (13)

Pour : PS, une partie du PC, Verts


2011_04_26_02: Vote du budget primitif assainissement :
POUR à l'unanimité

2011_04_26_03: Vote des taux d’imposition
Explication générale : le Conseil d’Agglo d’Est ensemble va augmenter une taxe sur les entreprises, le CFE (nous sommes plutôt favorables, même si ce n’est une hausse que de 2,38%...) mais va maintenir le taux départemental sur la Taxe d’Habitation qu’il récupère pour lui. Or ce taux avait augmenté de 6% (dans le cadre du budget de pseudo-révolte de Bartolone…), ce qui est largement contestable…

Pour le réseau Alter-Agglo93, nous avions décidé de nous abstenir sur ce dossier : si l’augmentation du CFE, même modeste, que paient les entreprises nous convient, la reprise du taux voté par le conseil Général de la part départementale de la Taxe d’Habitation nous semble beaucoup plus contestable.
Nous aurions souhaité d’autres mesures pour rééquilibrer la fiscalité en faveur des ménages populaires.

Diven Casarini (PC) : les entreprises ne sont pas toute victimes, les salariés qui y travaillent le sont bien plus, demande à Dupont (UMP) de transmettre à Sarkozy.

M. Dupont (UMP) : Après différentes mises en cause, le représentant de l'UMP rappelle le souhait que chacun puisse continuer à s'exprimer... Il ajoute : « ce sont 17 millions d'euros versés par l'Etat à Est ensemble, c'est bien l'Etat qui paie, non ? »

Avouons sur ce point que la colère anti-droite de cette hégémonie bien-pensante PS-PC-Verts est un peu hypocrite quand on sait que les mêmes n'hésitent pas à voter pour la multinationale VEOLIA... et préfèrent négocier avec le préfet que mobiliser les habitants contre le représentant du pouvoir sarkozien.

Contre : 11 (UMP)
Abstention : Alter-agglo : 2 (+1)
Le reste Pour (PS, PC, Verts)


2011_04_26_04: Vote des taux pour l’assainissement
POUR à l'unanimité

2011_04_26_05: Approbation d’une convention de remboursement des travaux d’assainissement, d'eau potable, et de collecte des déchets avancés par les Villes dans le cadre des opérations de rénovation urbaine
POUR à l'unanimité


2011_04_26_06: Délégation de maîtrise d'ouvrage des opérations d'assainissement de la Communauté d'agglomération vers les communes membres – Avenant
POUR à l'unanimité

2011_04_26_07: Convention tripartite relative à la facturation et au recouvrement de la redevance d'assainissement intercommunale entre la CAEE, le SEDIF et Veolia Eau Ile de France
Le texte précise : Le recouvrement des redevances d'assainissement collectif peut être confié à un même organisme qui en fait apparaître le détail sur une même facture. Ce dispositif, indépendamment du mode de gestion du service d’eau potable, était déjà mis en place par les Villes du territoire de l’agglomération, bien que non formalisé, et il convient dorénavant de mieux encadrer les obligations respectives du SEDIF, du délégataire du SEDIF et de la Communauté d’agglomération, exploitant du Service d’assainissement intercommunal.

Pierre Desgranges (groupe des Verts) : intervient pour faire modifier l'article 12 qui lie Est ensemble à VEOLIA pour 12 ans.

Kern : c'est une convention type qui est proposée aux collectivités (par le SEDIF ou VEOLIA ? Même pas relue par le bureau d'Est ensemble ! C’est très fort, nous avons levé là un sacré lièvre!)

Jean-Paul Lefèvre (PS) s’illustre encore en déclare en substance : « les élus PS au SEDIF ont bataillé durement pour un cahier des charges, notamment une société distincte, c'est le cas pour cette taxe. Nous avons obtenu une très forte réduction des marges de VEOLIA. Donc cette convention doit être approuvée. »

Sylvie Badoux précise qu’elle n’intervient pas au nom de son groupe (PC). « Je partage la proposition des Verts de reformuler, pour être fidèles au vote passé où nous avions tous dit être pour une gestion publique ».

Kern : Je vous propose de l'adopter en écrivant « en prenant en compte le changement de délégataire ».

Dominique Attia (Alter-agglo93): La taxe dépend du nombre de facture alors qu'il n'y a pas de facture supplémentaire, c'est seulement une ligne sur la facture existante (0,64 centimes par facture dans notre cas) qui serait émise dans tous les cas.
L’article 6 prévoit le paiement avec un délai de 3 mois par VEOLIA, l’occasion de placer l’argent pour la multinationale qui sortira ainsi des gains spéculatifs sur le dos des habitants de l'agglo.
D'autre part où en sommes-nous dans les études pour un retour à une gestion publique de l’eau ?

Kern fait semblant de ne pas comprendre (fait-il vraiment semblant?) que les factures seraient quand même éditées si cette ligne n'y figurait pas…

ABST° : 6

De 08 à 21 : Dossiers concernant le personnel transféré.
2011_04_26_08: Maintien à titre individuel des avantages acquis en terme de régime indemnitaire pour les agents transférés
2011_04_26_09: Fixation du temps de travail à la CAEE
2011_04_26_10: Fixation des principes de détermination des horaires de travail, des heures supplémentaires et de la journée de solidarité conformément à la loi du 30 juin 2004
2011_04_26_11: Mise en place du compte épargne temps (CET)
2011_04_26_12: Fixation du régime des autorisations exceptionnelles d'absence (mariage, PACS, décès, maladie, etc...)
2011_04_26_13: Fixation des taux de promotion pour les avancements de grade et des critères objectifs d'avancement
2011_04_26_14: Modalités de prise en charge de la participation employeur au trajet domicile-travail des salariés effectué en transport collectif
2011_04_26_15: Approbation de la convention de groupement pour la gestion du restaurant inter-entreprise du quadrium.
2011_04_26_16: Modalités de participation de l'employeur à la restauration collective de ses agents déjeunant à l'hôtel d'agglomération (quadrium)
2011_04_26_17: Approbation de 4 conventions avec le CIG portant sur la médecine professionnelle, le service social au travail, des prestations de psychologue du travail et la prévention des risques professionnels en matière d’hygiène et de sécurité.
2011_04_26_18: Mise en place la Prime de Fonction et de Résultat pour le cadre d’emploi des attachés territoriaux
2011_04_26_19: Mise en place une prime de salubrité pour certains personnels techniques
2011_04_26_20: Gratification des stagiaires de l’enseignement supérieur effectuant un stage d’au moins deux mois à la CAEE
2011_04_26_21: Convention d'adhésion au CNAS (Centre National d'action Social)

Ces différentes dossiers sont votés ensemble sauf le 18, POUR à l’unanimité, il s’agit des accords passés entre les syndicats et l’administration d’Est ensemble.

Sur le dossier 18 : Abstention de Dominique Attia.
Madame Peyge admet : « effectivement c'est une prime au mérite mais nous sommes obligés de la faire passer. Mais nous ne ferons pas jouer le mérite dans l'attribution ».
Dominique Attia : « j'ai consulté des représentant syndicaux qui y sont opposés ».

De 22 à 24 : dossiers sur les aides aux élus.
2011_04_26_22 Fixation des modalités de formation des élus communautaires
2011_04_26_23: Fixation des modalités relatives aux frais de mission des élus
2011_04_26_24: Fixation des modalités relatives aux frais de déplacement
POUR à l'unanimité


2011_04_26_25: Modification du tableau des effectifs
POUR à l'unanimité

2011_04_26_26: Avenant n°1 à la convention organisant la participation de la Communauté d'agglomération Est Ensemble aux études relatives au développement numérique du territoire de la commune de Romainville
POUR à l'unanimité

2011_04_26_27: Indemnités de frais de représentation du Président

10.000 € par an, en plus de ses indemnités. Kern précise pourtant ne pas avoir touché à cette enveloppe en 2010.
Alter-agglo93 : CONTRE (2)
Les autres en POUR.

2011_04_26_28: Modification de la délégation de compétence du conseil communautaire au président
Pour le réseau Alter-Agglo93, nous étions CONTRE : nous sommes opposés à ce que le Conseil d’Agglo soit dessaisi de ses pouvoirs au profit du bureau ou du président.
Alain Callès (Verts) s'interroge.

Diven Casarini (PC) : Est-ce qu'il n'y a que le président qui peut ester en justice ?

Kern répond : « On s'est calé sur les maires dans les communes et sur les conseils généraux. Attention à ce que la démocratie n'aboutisse pas à la paralysie, qu'il n'y ait pas trop d'avenant en conseil, etc. »

Jean-Paul Lefèvre (PS) : le conseil communautaire sera informé, donc ce n'est pas vraiment un problème, cela donne lieu à des débats quand les décisions prises le méritent (Très fort ! C'est-à-dire une fois que c'est trop tard et que les décisions s'appliquent).

Kern (PS) : comment faites-vous à Montreuil ? Mme Voynet fait passer tous les avenants ?

Alain Callès (Verts) : Dans le dossier présentés, il s’agit notamment de l'immobilier, on est sur de grosses sommes...

2011_04_26_29: Modification de la délégation de compétence du conseil communautaire au bureau communautaire

CONTRE : nous sommes opposés à ce que le Conseil d’Agglo soit dessaisi de ses pouvoirs au profit du bureau ou du président.

Abst° (Verts+Alter-Agglo93) : 18

Le dossier concernant le Plan Local de l'Habitat est supprimé pour avoir le temps de fixer le nombre de personnes et leur nom.

2011_04_26_30: Voeu demandant au Préfet de la Seine-Saint-Denis de surseoir à l’application du supplément de loyer de solidarité pendant l’élaboration du programme local de l'habitat d’Est Ensemble
POUR

Catherine Peyge (PC) propose d'enlever la phrase qui dit qu'Est ensemble est favorable au surloyer.

Daniel Guiraud (PS) : je ne suis pas contre le principe du surloyer mais effectivement il serait bon d’aboutir à une formule qui convient. Le surloyer actuel fait partir des familles et casse la mixité sociale.

Kern : Je propose d'enlever la phrase

M. Dupont (UMP) : « Je trouvais la formule très bien, parce que quand on est âgés, il est normal de payer plus. Ce gouvernement a bien fait de faire 130.000 logements sociaux, la gauche en avait fait 30.000. »

Kern : « Je ne sais pas où vous les trouvez ces 130.000. »

Jacques Champion répond à M. Dupont : « Je trouve votre intervention déplacée, l'état donne 600 euros d'aide à la pierre pour un logement de 130.000€. Le surloyer a pour but de créer des ghettos. »

Kern remercie que la droite ne prenne pas part au vote, de cette façon le vœu est transmis comme adopté à l’unanimité.

lundi 25 avril 2011

VEOLIA, sors de ce corps !

Pour y aller, prendre le bus 147 ou le métro Raymond Queneau

A l'ordre du jour du prochain conseil d'Agglomération d'Est ensemble, le 26 avril 2011, figure une convention tripartite Est ensemble / SEDIF / VEOLIA pour le recouvrement de le redevance d'assainissement (qui est calculée sur la consommation d'eau des usagers).
Le premier alinéa de l'article 12 pose un sérieux problème pour toutes celles et tous ceux qui sont favorables au choix d'une gestion publique et de la sortie du SEDIF/VEOLIA.

En effet, l'article 12 (premier alinéa) indique : "La présente convention prend effet le 01/01/2011, pour la durée du contrat de délégation du service public d'eau potable du Délégataire du SEDIF."

Cela signifie qu'il lie de façon explicite la Communauté d'Agglomération d'Est ensemble à VEOLIA pour la durée du contrat SEDIF/VEOLIA, c'est à dire 12 ans : c'est inacceptable!
C'est en contradiction flagrante avec la note et la première délibération votée le 30 novembre (sur le choix du mode de gestion dans les deux ans) ... C'est encore une fois la précipitation et le passage en force. Toutes celles et tous ceux qui ont voté contre l'adhésion au SEDIF - EELV, PG, une majorité du PC, Alter-Agglo93- doivent s'opposer à cet alinéa scélérat !

La présence des citoyens est fortement souhaitée : rappelons que c'est 100 rue Gaston Roussel à Romainville à 18h30 (anciennement route de Noisy).

mercredi 20 avril 2011

Avec Alter-Agglo93, toujours plus citoyens !

Vous rappelez-vous la création d'Est ensemble ? C'est le regroupement de 9 villes (Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Romainville).

Vous y êtes encore moins associés qu'aux villes elles-mêmes. Ce n'est pas peu dire !
Pourtant le réseau Alter-Agglo93 qui regroupe des partis, des associations, des citoyens s'évertue à préparer les conseils communautaires avec les citoyens intéressés.

La préparation a eu lieu jeudi 21 avril.

Le prochain conseil d'agglomération d'Est ensemble aura lieu le mardi 26 avril à 18h30 à l'hôtal de l'agglomération 100 rue Gaston Roussel à Romainville.

Le prochain conseil concernera notamment le transfert des salariés à l'agglomération ainsi que le budget 2011 (300 millions d'euros).

Si vous souhaitez être associés à ce réseau, envoyez un message à alter.agglo93@gmail.com.

mercredi 1 décembre 2010

L'UMP, le PS et le MODEM contre les habitants d'Est Ensemble

Le dernier point à l’ordre du jour du Conseil communautaire d'Est ensemble du 30 novembre 2010 (mais celui pour lequel les habitants étaient encore venus très nombreux) était l’adhésion d’Est ensemble au SEDIF. Cette séance du conseil communautaire avait été convoquée en toute urgence par Kern, après l’irruption citoyenne de la semaine précédente. Une cinquantaine de vigiles de la société Enyce gardait l’entrée de la salle (la démocratie crée de l’emploi !). A l’intérieur, des barrières protégeaient les élus de « leurs » citoyens. Des échauffourées ont d’ailleurs eu lieu à l’extérieur devant l’impossibilité pour les citoyens venus assister d’entrer effectivement.


Bertrand Kern (président d’Est ensemble, PS, Pantin) commence par rappeler le débat du 9 novembre et que tous les maires continuent à vouloir laisser la compétence eau à Est ensemble, tous veulent une gestion publique (faux !), un débat digne (la salle rit, les vigiles bougent). Entre le début et la fin pour Paris, il a fallu 6 ans… Est ensemble n’a pas de locaux, cela nous retarde (très drôle). « Nous avons fait le maximum dans un minimum de temps ». « Je m’engage à travailler dans ce sens-là (la régie publique), d’ores et déjà j’ai rendez-vous avec Bertrand Delanoë qui a souhaité me voir en tant que président d’agglo sur cette question » (là on se dit qu’on a du mal entendre, sinon ça signifie que c’est Delanoë qui a demandé rendez-vous à Kern…). « Ce soir vous avez deux délibérations qui essaient de concilier ce débat…


Marie-Geneviève Lentaigne : au nom du groupe Ecologie et Citoyenneté, et conformément au règlement je demande que la délibération de Mme Voynet (proposée vendredi 26 et relayée par la presse) soit soumise au vote.

Kern : Le texte est disponible où ? (la salle : il ne connaît pas son dossier !)

Les Verts font distribuer leur délibération que Kern avait reçue déjà… et qu’il ne mettra pas aux voix !

Alain Calles (Les Verts, Montreuil) : « lors du dernier débat une forte majorité des intervenants s’est exprimée pour un retour en gestion publique avec une convention provisoire comme cela est juridiquement possible. Cela nous permettrait d’améliorer les études que certains ont trouvé dirigée vers l’adhésion au SEDIF ». Il signale dans le rapport un prix de 1,39€, faux, des coûts de sortie du SEDIF qui vont de 1 à 10… « Je ne doute pas de la volonté de nous tous de faire moins cher pour la population ». Je ne doute pas des élus PC et PS, ni de leur volonté de réduire la coupure entre citoyens et élus. (attends la fin du vote, tu douteras…)

Dominique Attia (Alter-agglo93, Montreuil): nous voterons pour la proposition pour une régie publique, nous voterons contre le retour au SEDIF. Engagées dans Alter-Agglo93, réseau de citoyens, d’associations et de partis politiques, nous avons toujours pris position pour la régie publique. Les principaux groupes de gauche le clament la main sur le coeur mais certains ont du mal à passer à la pratique. On nous propose d’entrer au SEDIF pour en sortir deux ans après… Mais imagine-t-on d’ailleurs que les élus de gauche siégeant aux côtés de Santini soient pour notre sortie, alors que tant de pressions sont exercées et que leurs prix augmenteraient ? ! Autant ne pas y entrer ! L’eau ne serait pas servie ? Absurde d’imaginer VEOLIA et le SEDIF le faire. Par arrêté, M. le président (Kern) vous pourriez les réquisitionner. Pour janvier 2011, on ne pourra pas être membre, il faudra bien une convention, dont vous disiez qu’elle n’était pas possible pour la régie publique ! Retourner au SEDIF, c’est capituler devant les riches.

Catherine Peyge (PC, Bobigny) : oui au droit à l’eau, et même on pourrait parler de gratuité. L’eau a été confiée au privé depuis longtemps. Nous devons apprendre à travailler mieux ensemble autrement. Nous partageons la volonté de sortir du SEDIF, qui confie sa gestion à VEOLIA (ce n’est pas ce que dit le représentant du PC au SEDIF, Gilles Poux…). C’est possible grâce à Est ensemble, nous avons renforcé notre capacité de négociation. Notre communauté a encore besoin de temps pour sortir du SEDIF, une période transitoire (de 12 ans ? 20 ans ?) (La salle : Trahison ! Tu n’as pas honte ! )

Daniel Bernard (Parti de Gauche, Bagnolet) : Je fais le bilan des réunions : j’y ai rencontré beaucoup d’habitants pour une régie publique, peut-être que d’autres sont pour le SEDIF et VEOLIA, donc il fallait une consultation, un referendum, comme je l’ai déjà demandé. Eaux de Paris s’est engagé à ne pas monter son prix de l’eau, le SEDIF peut augmenter chaque trimestre (17% en 6 ans !) Et quand le SEDIF obtient une baisse de VEOLIA, ce sont les salariés qui paient la note. Si le Oui au SEDIF l’emportait, il faudrait une motion de soutien aux salariés en lutte de VEOLIA. A gauche, tous sommes engagés pour le service public (la salle : pas tous !), nous divergeons sur le chemin. Sur la délibération qui propose la création d’un poste d’ingénieur (pour « étudier » l’idée d’une régie), je m’abstiendrai parce que la délibération sous-entend d’adhérer au SEDIF

Gilbert Roger (PS, Bondy) nous n’avons pas fait de débat aux municipales pour sortir du SEDIF (ni pour faire l’intercommunalité !). Il n’y a pas d’alternative immédiate : nous sommes soit clients d’Eaux de Paris soit du SEDIF. Quant à la réquisition, c’est toujours pour des durées contraintes dans le temps, pas pour des temps longs. Je suis satisfait que le maire de Paris nous reçoive et j’espère que le conseil de Paris ouvrira la gouvernance à d’autres villes (ça change quoi ? On sera au SEDIF de toute façon!). Dans la délibération, on prend un ingénieur, on permet une sortie d’une ville, on continue à étudier la régie publique (sous-entendu : « que voulez-vous de plus ? »), est-ce que nous n’avons pas confiance en nous, je ne crois qu’il y a d’un côté les bons et les blancs et de l’autre les méchants… Si Est ensemble redonne la compétence aux villes en 2014 (La salle : vendu ! cumulard ! menteur !), elles sortiront d’elles-mêmes.

Dupont (UMP) s’exprime pour le SEDIF, contre la « foule », inaudible tellement il a été hué (la salle : il n’est pas vendu, il est à jeter ! UMP-PS !).

Jacques Champion (prétendue gauche citoyenne, parti de la mairesse de Romainville), défend l’idée qu’il faut adhérer au SEDIF pour y peser (9 sur 143, ça fait une majorité ?). Il faut du temps pour vérifier si la régie est possible (la salle chante bla-bla-bla- bla-bla), réadhérer au SEDIF ce ne sont pas des suppôts du Capital. (mais au fait, sa mairesse n’avait-elle pas expliqué qu’il ne fallait pas de régie du tout lors du débat du 9 novembre ?!)

Marc Everbecq (PC, Bagnolet) je considère que ce n’est qu’un premier débat, parce que nos valeurs de services publics, de justice, etc. sont partagées par tous les maires de l’agglo, pour moi ce n’est pas une décision définitive, les attentes citoyennes sont fortes sur ce sujet. Je voterai contre l’adhésion au SEDIF. Il nous aurait fallu donner plus de données pour l’étude. Je m’abstiendrai sur la délibération portant création d’un poste d’ingénieur parce que cela suppose le SEDIF, mais les élus de Bagnolet sont disponibles pour parvenir à l’objectif de sortir du SEDIF.

Carole Brevière (MODEM) : je ne peux pas me satisfaire de la seule étude CALIA, mon vote sera responsable, pour les habitants, pragmatique, sans dogmatisme, indépendant etc. (elle s’excuse déjà…). Elle critique ensuite le fait que le PS n’a pas été cohérent en ne faisant pas une étude suffisante assez tôt. Elle déclare voter pour la « ré-adhésion » au SEDIF (on l’avait deviné…)

Dominique Voynet (Les Verts, maire de Montreuil) rappelle que les élus au SEDIF se sont résignés, parfois confortablement. « Les études faites ont pu être démontées très facilement en prenant nous-mêmes des contacts ». Il a fallu attendre mi-octobre pour des contacts, alors que nous-mêmes n’avons eu aucun mal à avoir des rendez-vous. Nous avons perdu 8 mois. Nous sommes hors-délai quel que soit le choix (adhésion au SEDIF ou Eaux de Paris). Impossible de faire une convention ? Le SEDIF ne voudrait pas ? Mais aucune négociation n’a été entamée ! On devrait passer des marchés ? Mais on serait autonomes pour choisir ! Est ensemble demande au préfet d’accorder une convention de 3 mois avant de retourner au SEDIF, il est donc possible de passer une convention de 6 mois pour passer des appels d’offre !

Je veux des garanties :

- une eau de qualité et un entretien du réseau (alors qu’il faudrait actuellement 2 siècles et demi pour renouveler le réseau)

- la possibilité de sortir dans 2 ans du SEDIF

- la possibilité si Est ensemble reste au SEDIF, qu’une commune en sorte ?

Je ne doute pas de la bonne volonté, sinon il faudrait mettre un terme à Est ensemble, ce n’est pas ce que nous voulons.

M. Péries (chevènementiste, Pantin) : il n’y a pas de capitulard à Est ensemble. Eaux de Paris travaille encore avec des éléments de Veolia alors qu’il faut une régie où rien ne soit laissé au privé (la salle est morte de rire : gauchiste !), c’est pourquoi il veut retourner au SEDIF.

Jacques Jakubowicz (PC, Bondy), le vote de ce soir est un choix concret : soit le public soit la multinationale VEOLIA

Georgia Vincent (UMP, Bondy) : Quand on a annoncé la création d’Est ensemble à Bondy, j’ai émis des réserves –notamment sur la fiscalité-, en ne sachant pas si on avait bien réfléchi… Pourquoi pas tenter l’aventure ? Mais ce soir la majorité se bat, n’est pas soudée. Le débat pour ou pas VEOLIA est un faux débat, ce sont des enjeux de pouvoir. Eaux de Paris ou VEOLIA ? Qui peut concurrencer VEOLIA ? Où est l’intérêt d’Est emble (la salle : payer l’eau moins chère !)? Mme Voynet je vous trouve assez irresponsable (la salle : tu ne connais pas le dossier !). Signalons que Mme Vincent, comme les élus PS de Bondy a toujours refusé de rencontrer les 5 associations de sa ville pour connaître les arguments des 900 Bondynois qui ont signé la pétition pour une régie publique…

Mariama Lescure (Alter-agglo93, Le Pré-Saint-Gervais) : le « principe de réalité » est souvent l’expression utilisée pour justifier tous les renoncements ! Cette assemblée majoritairement de gauche pourrait ne pas déléguer l’eau au privé. Vous savez tous les conséquences sur les hommes et les outils des contrats choisis au moins-disant, comme aujourd’hui VEOLIA avec ses salariés. Seule une gestion publique permet la garantie des salariés, l’eau au prix coûtant. Que la gauche ne tienne pas un discours aux élections et un autre dans les décisions.

Pierre Desgranges (Verts, Montreuil) : peut-on sortir du SEDIF ? VEOLIA a intérêt à l’augmentation du nombre de ses clients à cause des coûts fixes (Est Ensemble représente 6 millions d’euros pas an), donc c’est un argument fort pour ne pas laisser sortir.

Les indices de VEOLIA favorisent l’augmentation des prix. D’autre part, le dossier ne peut pas être voté puisque la délibération 9 suppose déjà que le conseil a voté la délibération 10. Je me tourne vers Jean Jaurès qui est à côté (les pancartes des citoyens présents): « n’ayant pas la force d’agir, ils dissertent », je vous invite à avoir la force d’agir.

Daniel Guiraud (PS, Les Lilas), nous ne pouvons pas prendre le moindre risque avec l’eau à cause de la sécurité incendie (la salle éclate de rire et chante Pimpon ! Pimpon ! Pimpon !). Nous devons prendre le temps de faire des études.

Kern : je voyais la délibération 9 (sur le poste d’ingénieur) comme politique et la 10 (sur l’adhésion au SEDIF) comme une délibération de gestion (très fort ! Il admet que la délibération politique ne sert à rien et la gestion se fera par l’adhésion au SEDIF !)

53 votent pour l’adhésion au SEDIF : UMP, PS, MODEM, une minorité du PC (Bobigny et Le Pré-Saint-Gervais).


38 votent contre : Ecologie et citoyenneté, Alter-agglo93, le Parti de gauche, et une majorité du PC.


Les habitants ne désarment pas en quittant la salle aux cris de « et maintenant au tribunal ! Et maintenant aux cantonales ! »

mardi 23 novembre 2010

Le choix des actionnaires plutôt que l’intérêt général !?!

Tract des Alternatifs des Lilas

Mardi 23 novembre, les élus d’Est Ensemble entérineront le mode de gestion de l’Eau pour les neuf villes de l’agglomération (Bagnolet, Bobigny, Bondy, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Le Pré, Romainville).

Si une large majorité s’exprime à gauche pour une gestion publique, dans les faits, la droite, les Socialistes et certains Communistes risquent de voter pour un retour au SEDIF/Veolia.

Raconter de belles histoires pour faire passer la pilule Après un silence assourdissant de près d’un an des principaux partis politiques, les langues se sont enfin déliées lors du conseil communautaire du 9 novembre. Une majorité d’élus, Socialistes en tête, ont exprimé leur attachement à une gestion publique de l’Eau à laquelle ils disent aspirer… mais ils leur semblent techniquement et juridiquement impossible de faire autrement que de réadhérer au SEDIF, et donc de rester sous l’emprise de la multinationale Veolia (Cherchez l’erreur !!!).

Pas d’inquiétude, promis juré, ils s’en occuperont plus tard.

Réadhésion au SEDIF : Un choix politique avant tout

Le temps pour créer une régie publique, les élus l’ont eu !!!

Avec la création d’Est Ensemble, les neuf villes ont transféré à l’intercommunalité la compétence Eau et de fait, sont sortis du SEDIF. Aucun projet politique commun sur la gestion de l’Eau n’a été ne serait-ce que communiqué. L’agglomération s’est pourtant montée sur plusieurs années. De là à dire que les maires des neuf communes ont délégué la compétence Eau sans se soucier du projet de gestion, il n’y a qu’un pas… Comment croire que ces mêmes élus engageront dans 2 à 3 ans une bataille contre le SEDIF/Veolia pour créer une régie publique ? Cela démontre simplement un manque de volonté politique.

L’adhésion au SEDIF : Une stratégie perdante

Sortir du SEDIF est quasi impossible. Depuis 1923, aucune commune n’a réussi à en sortir si ce n’est lors de la création d’une agglomération. La procédure existe bel et bien, mais il faut qu’une majorité de communes adhérentes y soit favorable. Une hypothèse totalement improbable car Veolia fait varier le prix du m3 en fonction du volume total d'eau vendu. La sortie d’Est Ensemble générerait une augmentation du prix de l’eau pour les autres communes du SEDIF d’au moins 7%.

Est Ensemble, une agglomération très loin de ces administrés

Aux Lilas, aucune réunion ou débat public avec les habitants n’a été organisé par la mairie. Les différentes solutions n’ont jamais été débattues en conseil municipal. Seuls les membres du collectif « Pour une gestion public de l’Eau à Est Ensemble » ont réagi, aucun autre parti ne s’est publiquement exprimé sur le sujet.

Décidément, dans cette agglomération, il n’y a pas de place pour les aspirations des Lilasiens.

L’eau n’est pas une marchandise !

Elle est un bien collectif !
Nous pensons que l'objectif de profit des entreprises privées comme Veolia est incompatible avec l'utilisation raisonnée des biens communs et ne permet pas d’assurer une tarification juste pour la population. L’eau est une ressource
vitale qui doit sortir de toute logique de profit.
De belles intentions ne suffisent pas à atteindre cet objectif.
C’est pourquoi les Alternatifs militent depuis sa création dans le collectif « Pour une gestion publique de l’Eau à Est Ensemble » afin de peser collectivement dans le débat.

Seules les réunions publiques organisées par ce collectif (aux Lilas le 13/09) ont permis de débattre avec les habitants de l’agglomération de ces questions. Une pétition (encore disponible sur internet eau.estensemble.free.fr) a également récolté des milliers de signatures.

La messe n’est pas dite, le combat doit continuer, c’est pourquoi nous vous invitons à participer au conseil communautaire du mardi 23 novembre à 18h30 au Palais des Fêtes, 28 av. Paul Vaillant-Couturier à Romainville.

La réadhésion au SEDIF n’est pas une solution transitoire !

Pour assurer la création d’une régie publique, il faut activement travailler à une convention provisoire.

Exigeons, dès maintenant, la défense d’un service public de l’eau !

mercredi 10 novembre 2010

Est ensemble parle d'eau

Compte rendu d’Est ensemble
9 novembre 2010



Voici un compte rendu du conseil communautaire d’Est Ensemble consacré à la gestion de l’eau. Chaque intervenant peut d’ailleurs compléter son intervention en nous envoyant les modifications proposées (mail). Nous avons fait nos commentaires en italique.

Alors que les fois précédentes, le public dépassait à peine les cinq présents, ce sont soixante-dix personnes, dont la moitié est restée debout, qui ont assisté au débat de quatre heures. Passionnant. Avec un gros décalage, avouons-le, entre le dynamisme et la richesse des défenseurs de la gestion publique, et la série d’erreurs (ou de mensonges ?) des pro-Veolia honteux, erreurs que le public très renseigné a même corrigées par ses murmures…

Au final, Bertrand Kern, président, a synthétisé le débat d’une façon totalement fausse, pour aboutir à une ré-adhésion au SEDIF, alors que la quasi-totalité des interventions avait plaidé pour le contraire. Les citoyens doivent avoir le dernier mot : si pour l’instant -entre ses électeurs et la multinationale- le PS est plutôt attiré par la multinationale, les choses peuvent encore changer si les citoyens continuent à se faire entendre fortement, mais il reste très peu de temps !


M. Kern (PS, maire de Pantin et président d’Est ensemble) rappelle qu’Est ensemble (dont les villes étaient toutes au SEDIF) a pris l’eau comme compétence, ce qui a provoqué la sortie de fait des villes du SEDIF. Est ensemble a ensuite demandé une étude à Calia. Une chronologie suit qui montre que le débat n’a jusqu’alors concerné que le Bureau…

Calia va tenter en une demi-heure de présenter « la complexité du dossier ». Notamment la fourniture, la participation aux décisions, le tarif, la gestion, la quantité, qualité, es aspects juridiques au 1er janvier 2011…

JURIDIQUE (cabinet Sartorio):
1ère possibilité : délégation de service public, avec l’adhésion partielle ou totale d’EE au SEDIF. Le SEDIF et Veolia ont seulement envisagé l’adhésion totale d’EE, dans le cas d’une adhésion partielle il faudra renégocier un nouvel avenant… Et les villes non-adhérentes devraient faire un syndicat.
2ème possibilité : non-adhésion, alors régie, affermage, etc. mais ces procédures demandent un certain temps, donc que faire à partir du 1er janvier 2011 ?
Pourquoi cette prolongation de convention n’est pas possible ? Parce que la convention est terminée (nous l’avons toujours su). D’autant que le SEDIF n’est plus lié par son contrat qui est arrivé à terme, le nouveau contrat s’arrête fin 2010, il y a un nouveau contrat en 2011.
Est ensemble peut gérer elle-même la compétence eau, en concluant avec le SEDIF ou Eaux de Paris, et acheter son eau en gros (pas de marché pour cela, cela se fait de gré à gré). En revanche il faut des marchés pour la maintenance, les travaux, etc. Ces marchés sont soumis aux règles des marchés publics (déclaration, délais). Or, on comprend qu’Est Ensemble ne peut pas passer ces marchés puisqu’elle ne connaît pas son patrimoine réel (c’est Veolia et le SEDIF qui le gère en direct depuis 88 ans…).

TECHNIQUE (Hydratec) :
Est ensemble ne peut pas produire son eau potable en quantité suffisante
Il faut entre 70.000 m3/jour, voire 100.000m3 en cas de pointe. Soit le SEDIF, soit Eaux de Paris peuvent fournir ces quantités.
Est Ensemble est actuellement connecté à un réseau plus général, dont il faut se déconnecter dans le cas d’une sortie du SEDIF. De même il faut rétablir des équilibres pour les coupures opérées par la sortie de certaines villes du réseau.
Eaux de Paris dit qu’il ne peut pas s’engager sans faire une étude… (ça va de soi, nous l’avons toujours dit aussi, il faut leur demander cette étude pour qu’ils la fassent !) mais cela semble tout à fait possible au cabinet pcq Eaux de Paris a des moyens importants de surpression pour alimenter EE… A voir cependant… (Voilà une bonne nouvelle : ils admettent enfin qu’Eaux de Paris peut nous fournir !)
Le prix de l’eau par Eaux de Paris serait entre 50 à 60 centimes/m3.

Corinne Valls (maire de Romainville) commence par un point de satisfaction, qu’on puisse tenir ce débat… de porter cette question au niveau institutionnel parce que des supposées vérités ont été assénés à grands coup de blogs ou de tracts (on croirait entendre Sarkozy parler de l’affaire Bettencourt, Ah, les méchants blogs qui attaquent les gentils politiciens honnêtes…). Y a-t-il des élus voulant faire le choix d’une multinationale contre l’intérêt de leurs concitoyens ? (OUI !) Quand il a fallu faire un choix en régie, Romainville s’est prononcée pour la régie publique (c’est bien !). Certains parmi ceux qui s’agitent ne se posait pas la question… (qui découvre le problème de l’eau aujourd’hui ?!) Il faut se poser les questions de la nature, du prix, et des investissements. Elle ne répond pas aux conditions de faisabilité d’une régie publique. Serait-ce bien raisonnable de faire un appel d’offres alternatif, alors que nous pouvons revenir au SEDIF (bah, voilà, c’est le premier aveu qui coûte…) à 1,41€/m3 alors que c’est 1,75€/m3 à présent (1,747 en réalité), alors qu’il y a la qualité de l’eau et des interventions rapides avec le SEDIF et Veolia (ça reste à voir…). Oui, à Romainville nous sommes favorables à réadhérer au SEDIF (« à Romainville » ou « vous », madame Valls ?). Et je rêve à une régie publique d’Est ensemble qui produise, ça peut paraître un rêve fou (c’est surtout n’importe quoi, le SEDIF et Eaux de Paris sont déjà eux-mêmes en surproduction !).

Alain Périés (chevènementiste de Pantin) pose des questions sur un élément p. 8., 4, 22, 28…

Jacques Jakubowicz (PC Bondy) : le conseil communautaire regroupe 9 villes de gauche, a priori nous partageons comme valeurs que les biens de l’humanité doivent être libérés de l’emprise de l’argent. Mais on joue avec nous, la délégation de service public confiée à Veolia n’est pas assimilable à un service « public » : l’UFC et d’autres ont montré la surfacturation. Veolia environnement est une multinationale, dont une succursale sert à délocaliser ses impôts, les actionnaires sont des grands groupe (AXA, etc.). Calia a fait son étude. Des hypothèses nombreuses et confuses ont lieu : chacun pour soi, sortie d’une partie, deux résolutions au prochain conseil communautaire... Il est totalement farfelu d’imaginer qu’on puisse sortir un jour du SEDIF si on y rentre. Le prix de l’eau baisserait en cas de gestion publique, dans la crise c’est important. Calia n’avait toujours pas pris contact en septembre avec Eaux de Paris, je l’ai constaté. Idem sur les quantités qu’Eaux de Paris pouvait fournir (cela a été rectifié…). Les hypothèses du SEDIF ont été validées sans être réfléchies par Calia. Et on arrive à une hypothèse de 130 millions d’écart ; Dans cette confusion l’implicit est : « pourquoi se casser la tête avec ces hypothèses ? », cela pousse à retourner au SEDIF ! Travaillons sérieusement à ces hypothèses de régie publique, et il faut une vraie concertation avec la population, comme nous le disons collectivement depuis la création d’Est ensemble (bah oui mais c’était du bluff, personne ne n’y était laissé prendre). Je me prononce contre la ré-adhésion au SEDIF, pour maintenir la compétence eau à l’agglo, contre la coupure de certaines villes de l’agglo (hypothèse d’une gestion publique en duo à part des autres villes par Bagnolet et Montreuil).

Alain Callès (Verts, Montreuil) INTERVENTION COMPLETE : Lors de sa constitution, notre Communauté a souhaité mettre l'eau au centre de ses intérêts communs en en faisant un domaine de compétences. Ce n'était pas une compétence obligatoire et pourtant nous pensions qu'une politique commune de l'eau, de sa distribution, serait une amélioration pour nos concitoyens.
Notre groupe « écologie et citoyenneté » a approuvé cette démarche, dès son initiation.

Notre objectif était d'étudier les meilleures conditions pour un retour à un service et une gestion publique de l'eau, par une mise en régie publique comme l'ont fait récemment une certain nombre de villes de gauche. L'eau, un service public à reconquérir. Paris et d'autres nous ont montré le chemin.

C'est dans ce sens que la Communauté a voulu être encadrée de l'avis d'un cabinet expert, pour nous aider dans nos choix pour une politique de l'eau transparente dont l'objectif est la satisfaction de nos concitoyens plutôt que la recherche de la meilleure marge comme le pratique l'actuel fournisseur du SEDIF. Nous vous rappelons la marge de 58% dont bénéficie Véolia sur le contrat du SEDIF. Ces chiffres d'UFC QUE CHOISIR n'ont jamais été formellement démentis.

Hélas le temps imparti au cabinet était court. Les résultats de l'étude ne se sont pas montrés à la hauteur de nos espoirs si nous souhaitions décider cette année. D’où la nécessité de se donner du temps. Je vais prendre quelques exemples :
A été occultée l'alternative plausible d'une fourniture d'eau par Eau de Paris, dont le coût du M3 est de 1,04€ comparé à la proposition de 1,51€ de Véolia dans le meilleur des cas, même avec des prix « resserrés ».
Les rencontres avec Eau de Paris, récentes et postérieures à la remise de l'étude, semblent pourtant montrer l'intérêt d'une étude plus approfondie de partenariat.
Nous n'insisterons pas sur des imprécisions du rapport. Imprécisions et flous des chiffres comme le coût de sortie du SEDIF, les bases d’évaluation des volumes d’eau consommée ou les coûts de modification du réseau qui vont de 60,5 M€ à 190,8 M€ ! Idem pour la fourchette de prix pour la construction éventuelle de réservoirs qui varie de 20 a 100 Millions d’euros.

Le rachat du patrimoine » est aussi l’objet d’estimations hasardeuses (10 à 12 millions d’euros) car nos communes ont déjà largement contribué à la constitution du patrimoine du SEDIF, sans doute à hauteur de 10%, ce qui aurait pour effet de réduire ce coût à…zéro. L’expérience proche et récente de Viry-Châtillon est à cet égard instructive, elle n’est hélas pas mentionnée dans l'étude qui nous a été remise.
Convenons-en, il est difficile dans ces conditions, pour nous élus, d’apprécier la justesse des décisions à prendre.

Je vous rappelle un élément complémentaire qui aurait pu être donné : Eau de Paris a gelé toute augmentation de ses tarifs jusqu’en 2014 tandis que le contrat SEDIF-VEOLIA ( qui a augmenté ses tarifs de 17% ces 6 dernières années) prévoit une révision possible tous les 3 mois pour un contrat de 12 ans. Est-ce vraiment sérieux de mettre des clauses quasi léonines? En 12 ans, la facture augmentera 48 fois.

Compte tenu de la nécessité de nous doter de l’ensemble des données utiles à la décision,
notre groupe « Ecologie et Citoyenneté » demande q’un délai soit mis à profit pour conduire une exploration approfondie des possibilités de mise en régie publique, de la faisabilité et des possibilités de raccordement à Eau de Paris, dans le cadre d’un débat ouvert et démocratique. Rien n’interdit qu’une solution, transitoire et non liante sur le long terme, soit trouvée (art. 144 du Code des Marchés publics). Ce délai de deux ans est possible et nécessaire.

Vous le savez, notre sensibilité écologique et citoyenne nous conduit à porter une attention particulière à l’eau. Une reprise de contrôle de l’ensemble du processus de production/distribution/traitement permettrait non seulement une prévention des gaspillages, mais aussi l’application de tarifs sociaux modulés (progressifs et non dégressifs), assurant le minimum vital gratuitement ou à bas prix. Ce serait conforme à notre volonté commune de soutenir les plus fragilisés de nos concitoyens.

De plus, une politique dynamique de préservation de la ressource ainsi qu’une gestion intelligente des eaux usées et leur récupération, pour du chauffage urbain par ex., pourraient être mises en place. Les exemples concrets ne manquent pas en Europe et dans de nombreuses villes françaises, et ce serait une vraie valeur ajoutée de ce nouveau service public.

Nous sommes nombreux dans cette assemblée, à marquer notre attachement à la défense des services publics, l’occasion nous est donnée sur ce dossier de faire progresser cette idée. Faisons le ensemble, dans la transparence et dans le dialogue démocratique le plus large avec les usagers.

Les propositions de notre groupe sont claires et de bon sens :

-Donnons nous le temps d'une étude objective et approfondie et n'abandonnons pas la compétence « eau » de l'agglo. A cette fin, contractons une convention provisoire de 2 ans permettant de conserver la cohésion de la Communauté d'Agglo.
-Organisons des débats et consultons par référendum nos concitoyens dans chacune de nos villes,
-Osons poser la question d'un retour à une régie publique, à moindre coût et dans la transparence. Réaffirmons la primauté de l'intérêt public sur les intérêts privés. L'eau n'est pas une marchandise, c'est un bien commun auquel tous ont droits.
-Osons la mise en place d'une véritable politique sociale de l'eau comme le préconise aussi le Collectif de défense des Services Publics composés des partis que nous retrouvons majoritairement dans cette assemblée et comme le recommande la Fondation France Liberté présidée par Danièle Mitterrand.

En résumé,
Osons une politique de gauche conforme aux idéaux qui nous animent d'un service public en régie, osons reconquérir une gestion publique.


Gilbert Roger (PS Bondy), je suis d’accord avec l’intervention qui vient d’être faite. A l’heure actuelle, le PS est en réunion pour inscrire notamment l’eau parmi les biens publics, comment le groupe que je préside pourrait-il y être opposé (bonne question à laquelle ils devront répondre ! Tiens par la même occasion, il annonce qu’il parle au nom de tous les socialistes d’Est ensemble…). Le SEDIF est un organisme créé par des élus pour les citoyens. Mais le SEDIF a une forme de gouvernance qui n’est pas acceptable aujourd’hui, une ville a une voix, donc de petits villages de droite pèsent autant que de grandes villes de gauche. Une eau tous services confondus à 1,41€/m3.
Eaux de Paris c’est tentant, les Parisiens ont décidé d’avoir un système de régie publique. Pour nous, il y a cette tentation mais il y a encore beaucoup de zones d’ombre pour savoir si techniquement nous pouvons être desservis par cette structure en tous points, et que la mise en œuvre se fasse dans les meilleurs délais. Et il y a trop d’incertitudes.
Aucune ville n’a demandé sa sortie du SEDIF avant.
Nous n’aurions pas eu le débat sans le retrait du SEDIF. Nous pouvons nous remercier collectivement d’avoir fait ça (définition de l’autocongratulation…).
Je n’ai pas envie d’être client du SEDIF ni d’Eaux de Paris. Pas de gouvernance possible. Je n’ai jamais lu dans aucun conseil de Paris que Paris voulait associer les villes dans une gouvernance de l’eau (tu n’as rien lu du tout, coquin, et qui a posé la question à Paris d’ailleurs ???)
Tout cela prendra du temps, en attendant retournons au SEDIF (là la salle a bien ri, on t’avait vu venir de loin, avec ton sabot SEDIF et ton sabot VEOLIA… Tout ça pour ça, comme dirait Lelouch) parce que chacun de nos concitoyens profite de la sûreté et de l’avantage tarifaire de la réadhésion. On a souvent des délibérations pour faire entrer ou sortir des villes de syndicats (FAUX ! aucune ville n’est sortie du SEDIF depuis 1923 !)
On me dit que si on ré-adhère au SEDIF, on en prend pour 12 ans, mais les Lacs de l’Essonne en sont bien sorti ! (n’importe quoi : ça n’a rien à voir, c’est parce qu’ils se sont mis en agglo, comme nous, sinon ils auraient dû y rester !).
Je ne veux pas qu’au 1er janvier nos concitoyens n’aient plus d’eau (couper 400.000 habitants ? absurde pour Veolia et le préfet peut réquisitionner la fourniture d’eau !), ou que ce soit plus cher (mais au SEDIF, c’est plus cher, et ça ne le gêne pas !). Eaux de Paris pactise avec le diable puisque c’est Veolia qui relève les compteurs (c’est pour ça qu’on veut charger Veolia de tout ? !). Le pragmatisme l’emporte pour moi.

Daniel Bernard (Parti de Gauche, Bagnolet)
: dès la première réunion j’étais intervenu sur ce point avec la pétition lancée là-dessus pas le Parti de gauche. L’étude a été faite de juin à septembre (4 mois et pendant les vacances), elle explore insuffisamment toute solution alternative. Le rapport qu’Eaux de Paris ne pourrait pas… Le cabinet vient de confirmer que c’était possible au contraire. On sait que le prix baisse en moyenne de 25% aux passages en régie. Alors que pour le SEDIF, c’est +17% sur les six dernières années. Et en plus la possibilité d’augmenter les prix tous les trois mois pour le SEDIF. La qualité de l’eau est aussi à prendre en compte, on remarque une présence importante de l’aluminium 102 à 126 mg/l dans l’eau du SEDIF. Il faut donc une nouvelle convention.

Pierre Desgranges (Citoyen, app Europe Ecologie, Montreuil) : Les points nouveaux d’Hydratec montrent la faisabilité avec Eaux de Paris. Sur l’amortissement, il y aurait 0,4% de renouvellement du réseau/ an par Veolia dans le SEDIF, il faudrait donc 250 ans pour renouveler le réseau. Les estimations de prix sur 12 ans par Veolia sont indéchiffrables, et on peut craindre des augmentations exponentielles. En revanche on serait entre 1,24 et 1,30 €/m3 pour Eaux de Paris... Même à 1,31 €/m3, c’est plus rentable (suit une longue explication très chiffrée que nous n’avons pas prise…) , même à un prix de départ plus élevé, c’est rentable pour les citoyens.


Sylvie Badoux (app. PC, Bondy) INTERVENTION COMPLETE
: Mes propos ne seront pas techniques, mais politiques et vous me pardonnerez quelques peu provocateurs et mon attitude sera politiquement libre car moi non plus, je n’ai pas adhéré à un parti.

Il me semble important à ce stade du débat de rappeler quelques principes et valeurs que nous avons décidé de porter haut et fort au sein de cette assemblée. Je veux parler de :

- mettre en place des politiques publiques innovantes et porter des projets ambitieux,

- agir pour les droits de nos concitoyens,

- développer les services publics,

- être un modèle de démocratie.



Pour autant, des débats sur l’eau ont eu lieu dans nos villes, à l’initiative d’associations, de collectifs et de quelques élus, mais jamais à l’initiative de la communauté d’agglomération ! j’ai aussi sous le coude 740 signatures de citoyens Bondynois qui ont souhaité être partie prenante de notre débat sur l’eau. Ils ont affirmé leur volonté que nos travaux aboutissent à une gestion publique de l’eau.



Alors sur la question du choix du mode de gestion de l’eau, idéologiquement, les choses sont simples. Tous les partis « dits de gauche » se sont positionnés officiellement en défenseurs des services publics, tous s’accordent sur cet état de bien commun de l’eau.



Alors quoi… Ces derniers temps, on a pu entendre sur le sujet : « oui, mais c’est compliqué… » Si c’était facile, on se serait déjà tous dotés d’une régie publique. Peut-être même que certaines villes auraient fondé un syndicat intercommunal avant même la création de la communauté d’agglomération… mais finalement, c’est aujourd’hui et pas avant que les choses sont réalisables. Nous avons aujourd’hui, cette chance unique et nous ne devons pas la gâcher ! Nous avons déjà perdu un an avec une étude qui nous laisse beaucoup trop de questionnements, voire du mécontentement.

On dit aussi : « ça va nous coûter cher » Mais finalement, même après avoir missionné un cabinet d’études, on ne sait pas très bien combien… Et puis ça coûte déjà tellement cher à 400.000 habitants !

On dit encore : « Eau de Paris, hummm pas confiance »… Ha bon ! Pourtant ça réussit à approvisionner déjà tous les foyers parisiens en toute sécurité et l’assurance nous a été donné d’un volume suffisant pour alimenter Est Ensemble.

J’ai entendu aussi : « attendons pour voir ! » Oui mais en attendant, on fait quoi ?

«Hé bien, il faut réadhérer au SEDIF » me dit-on ! Ha ! Et pourquoi avoir signé une convention provisoire alors ? Et comment on s’en sort ensuite ? Il nous faudra l’accord express d’au moins 50% des autres membres du SEDIF, sachant que le prix qu’ils paieront l’eau augmentera du fait même qu’ils nous aurons laissé partir ? Je n’y crois pas une seconde car si j’étais eux, je ne laisserai pas EST ENSEMBLE quitter le SEDIF ! Alors, on peut faire un mixte entre SEDIF et EAU DE PARIS… mais pourquoi avoir transférer l’eau alors ?



Tous ces arguments, c’est le discours de la peur, non pas de la responsabilité…



Alors SEDIF ou pas SEDIF…Telle est la question. Qu’est-ce qui cloche ? Pourquoi la gauche a-t-elle tant de mal à assumer un positionnement politique et idéologique alors que les élus de droite siégeant au SEDIF ne se posent aucune question quand il s’agit de combattre le service public de l’eau et de se battre férocement pour que VEOLIA reste bénéficiaire du marché ?



Hé bien je dis « faisons de la politique ! « Etre plus forts ! Peser dans le débat… » C’est une des raisons pour lesquelles nous nous sommes unis je crois. Nous avons ici une véritable bataille politique à entreprendre pour une gouvernance partagée ou pour une régie propre à l’agglomération.

Dans le contexte actuel, il nous faut bien mesurer que toute distorsion entre les engagements d’EST ENSEMBLE et le vote de ses élus serait mal compris. En effet, comment expliquer à nos concitoyens que ce qui est possible à Grenoble, à Rouen, à Besançon, à Castres, à Viry-Chatillon, ne serait pas possible à Est Ensemble ?



Peut-être certains de mes collègues pensent à s’abstenir. Mais s’abstenir, c’est rater une occasion de se positionner politiquement, c’est abandonner une partie de ses valeurs, une partie des fondements même de l’idéologie qui fonde notre engagement. Ce n’est en tous cas pas assumer !



Aussi, le 23 novembre, quelle que soit leur appartenance politique, le vote des élus communautaires « se disant de gauche », devrait traduire un rejet de ce système proprement scandaleux qu’est la privatisation de la gestion de l’eau. S’ils sont fidèles à leurs engagements, à ceux de leurs partis respectifs, et enfin aux valeurs du texte fondateur d’EST ENSEMBLE, ils devront voter pour une gestion publique, démocratique, écologique et socialement responsable de cette ressource indispensable à la vie.

Dominique Attia (FASE Montreuil, Alter-agglo93) INTERVENTION COMPLETE : Nous noterons avant out que les termes du débat ont considérablement évolué, dans le bon sens, en quelques mois. Au début de l’année, il s’agissait d’évaluer les avantages et les inconvénients d’une gestion privée, via une adhésion au SEDIF, et d’une gestion publique, via un partenariat avec la régie municipale de Paris. Cela pouvait apparaître comme un débat technique, faute d’orientation politique claire et partagée.
Plusieurs mois de débats contradictoires entre élus, avec les experts du cabinet CALIA, et surtout avec une intervention inédite des associations et des citoyens sont passés par là. Des débats publics ont eu lieu à Bagnolet, Montreuil, aux Lilas, à Pantin, d’autres sont prévus à Bondy et à Romainville. Des centaines et des centaines de nos concitoyens ont signé une pétition nous appelant « à prendre toutes les dispositions nécessaires pour aboutir à une gestion publique de l’eau ». Des dizaines d’articles ont été publiés sur des blogs, contribuant à la formation de l’opinion publique. La gestion de l’eau est devenue le premier débat politique de notre jeune agglomération !
Aussi maintenant, la question est posée d’une façon différente. Une grande majorité d’entre nous se prononce pour une gestion publique de l’eau, « bien public de l’humanité » comme l’écrit Gilbert Roger. Il faut néanmoins affirmer que la communauté d’agglomération doit avoir la maîtrise de ce service public. Aujourd’hui cela va dans le bon sens puisque l’idée d’une étude approfondie, avec tous les données de terrain qui ont fait cruellement défaut à l’étude CALIA, en collaboration étroite avec le service public de l’eau à Paris et les élus parisiens, pour définir d’une façon concrète la forme que pourrait prendre une alternative publique, semble aujourd’hui acceptée par la plupart d’entre nous.
Revenons sur quelques points forts de ce débat.
- On entend parfois que la sortie du SEDIF nécessite des investissements importants qui vont coûter cher à l'agglomération et l’empêcheront de se consacrer à d’autres projets urbains pour lesquels elle a été créée! Ce qui est faux bien évidemment car ce n'est pas le budget général qui finance les investissements dans le domaine de l'eau et de l'assainissement mais la facture des usagers qui abonde le budget de l’eau et celui de l’assainissement.
- En tant qu’élus, nous sommes légitimement préoccupés que nos concitoyens ne paient pas trop cher l’accès à l’eau. Pour que le droit à l’eau soit respecté, estiment les experts internationaux, il faut que la facture ne représente pas plus de 3% des charges des ménages. Un seuil malheureusement explosé au SEDIF où, selon une enquête de l’OBUSASS réalisée en juin dernier, les plus démunis doivent consacrer jusqu’à près de 10% de leur budget à l’eau. C’est pour moi une raison forte de ne pas continuer avec le système SEDIF-VEOLIA.
- Concernant encore le tarif de l’eau, le rapport CALIA évoque un très hypothétique 1,41€/m3 (pour la partie eau de la facture) en cas de re-adhésion de la CAEE au SEDIF. Cela ne correspond pas à la réalité actuelle, ni à celle de demain, il y a fort à craindre ! Rappelons que le tarif réel est aujourd’hui 1,73 €/m3 au SEDIF. Qu’il devrait baisser à 1,51 €/m3 au 1er janvier 2011 avec le nouveau contrat SEDIF-VEOLIA. Mais qu’il est révisable tous les trois mois. Et qu’au cours des six dernières années, il a augmenté de 17%. Et que les trois usines du SEDIF devront être rénovées dans les cinq prochaines années pour un coût de 575 millions d’EUROS : quelle sera alors la répercussion pour les usagers ?
- Toujours sur le tarif de l’eau, le rapport CALIA n’a pas cru bon de mentionner le tarif actuel de l’eau à Paris 1,04 €/m3, ni l’engagement pris par le Conseil municipal de Paris à la création de la régie de ne pas augmenter le tarif jusqu’en 2014. Je suis en mesure de vous rapporter un scoop ce soir : vu les très bons résultats avec le retour à une gestion publique depuis le 1er janvier 2010, 40 millions d’EUROS ont été économisés, la présidente d’Eau de Paris vient d’annoncer publiquement une baisse du prix de l’eau à Paris dans les prochains mois !
Bref, sur la comparaison du tarif de l’eau entre Paris et le SEDIF, aujourd’hui comme hier et demain comme aujourd’hui, il n’y a pas photo, l’intérêt des usagers commande le choix de la gestion publique.
- Pour les salariés, il n’y pas photo non plus. Dans le cas de la création d’une régie, tous les salariés du privé qui le souhaitent peuvent intégrer la nouvelle structure publique comme cela a été le cas à Paris. Par contre, avec le nouveau contrat VEOLIA-SEDIF, tous les salariés ne seront pas repris ! C’est ce qui a été annoncé lors de la réunion du Comité d’établissement de VEOLIA Eau Banlieue de Paris du 26 octobre 2010 Le contrat léonin a été revu à la baisse sous la pression des associations et des élus, mais pas question pour VEOLIA de toucher aux dividendes des actionnaires, ce sont les salariés qui vont en faire les frais !
- Sur la qualité de l’eau, je regrette là aussi que ce sujet n’ait pas été vraiment étudié par CALIA car il s’agit d’une préoccupation majeure pour la population. Selon la réalisatrice du documentaire « du poison dans l’eau du robinet » diffusé sur France 3, le SEDIF utilise encore des sels d’aluminium pour la décantation de l’eau. Et de fait, on en retrouve des quantités non négligeables dans l’eau distribuée dans notre agglomération. Et ces substances sont fortement soupçonnées d’être une des causes importantes de la maladie d’Alzheimer. De son côté, Eau de Paris utilise des chlorures de fer dont l’innocuité est reconnue.
- Un autre point important qui nous préoccupe tous est l’exercice de notre responsabilité d’élus. Dans le cas d’un partenariat avec Paris, nous sommes dans le cadre de relations normales entre élus. Avec le SEDIF, c’est d’une toute autre réalité qu’il s’agit. C’est ce qu’explique M. Santini, président du SEDIF depuis 25 ans, dans un entretien réalisé en septembre 2004 : « il est évident, à mon sens, que la Compagnie générale des eaux a été à l’origine, en 1923, de la création du Syndicat intercommunal des eaux pour la banlieue de Paris que je préside aujourd’hui ». Sous l’impulsion de M. Santini, le SEDIF vient de renouveler pour douze ans de plus, son contrat avec VEOLIA qui atteindra ainsi 100 ans sans discontinuer. N’attendons pas un siècle pour nous libérer de l’emprise de la Générale !
-Certains nous disent maintenant, d’accord pour étudier à fond une alternative publique avec Paris, mais en attendant, re-adhérons au SEDIF ! Si Est Ensemble adhère au SEDIF, elle ne pourra plus en sortir …sans l'accord de tous les membres du SEDIF ! Ou alors au terme de procédures juridiques longues et hasardeuses. Qui veut prendre un tel risque ? Par contre, si Est Ensemble n’adhère pas au SEDIF, qu’elle mène jusqu’au bout l’étude sur les conditions d’une gestion publique, elle aura toujours en cas d’échec, la possibilité pendant deux ans de revenir au SEDIF. Le rapport de CALIA précise (p4) que « cette nouvelle adhésion (de la CAEE au SEDIF) doit se faire dans un délai de deux ans maximum à compter de la signature du contrat (SEDIF-VEOLIA) ».
- Concernant les questions de délai pour prendre une décision, je voudrais insister sur la possibilité de prendre le temps nécessaire à la modélisation sur la base de données réelles d’une gestion publique de l’eau à Est Ensemble. En effet, dans le rapport CALIA (pp28 et 68), on peut lire:
« Demande d’adhésion de la CAEE au SEDIF :
-Le délai d’acceptation d’un nouveau membre est de 3 mois
-Pour une adhésion au 1er janvier, la CAEE devra donc délibérer avant le 30 septembre »

Il est donc clair que même si la CAEE décidait d’adhérer au SEDIF le 23 novembre, elle ne serait pas adhérente le 1er janvier 2011 et qu’il faudrait trouver une solution provisoire pour deux mois. Quitte à passer une convention provisoire, prenons les deux ans qui semblent nécessaires à l’étude et à la réflexion sur une solution alternative.

Il y a un dernier point qui n’a pas été soulevé jusqu’à présent et qui rend pratiquement impossible un vote le 23 novembre.
Le Conseil communautaire réuni le 21 septembre 2010 a décidé de créer la Commission consultative des services publics locaux (CCSPL) de l’agglomération Est Ensemble.
L’article L1413-1 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) précise notamment que la CCSPL
« est consultée pour avis par l'assemblée délibérante ou par l'organe délibérant sur :
1° Tout projet de délégation de service public, avant que l'assemblée délibérante ou l'organe délibérant se prononce dans les conditions prévues par l'article L.1411-4 :
2° Tout projet de création d'une régie dotée de l'autonomie financière, avant la décision portant création de la régie ; »
Il n’échappe à personne que l’adhésion au SEDIF revient à déléguer le service public de l’eau à VEOLIA. La CCSPL doit donc être consultée et se prononcer avant la décision prise par l’agglomération. Idem dans le cas où il serait décidé de créer une régie publique. Et l’avis de la CCSPL doit être porté à la connaissance des conseillers communautaires avant leur décision.
Ne pas le faire affaiblirait la décision de l’agglomération en lui faisant courir un risque juridique important. Vu les enjeux du débat et les positions différentes exprimées dans cette enceinte mais aussi au niveau des associations et de la population, il me semble absolument nécessaire de sécuriser notre décision, et donc de ne pas prendre le risque d’un vote hasardeux le 23 novembre et de prendre le temps nécessaire à la consultation de la CCSPL.


Pour Patrick Lascoux (Verts Noisy-le-Sec) INTERVENTION COMPLETE , En tant que délégué à l’Agenda21, je tiens à rappeler que la gestion de l’eau est au coeur de toute démarche pour un développement durable.
Je remercie notre président et les différents intervenants de nous avoir permis ce débat sur l’eau.
Face aux enjeux financiers soulevés par sa gestion, il me semble utile de sortir de l’unique approche juridique et technique. Le prix et la technicité ne doivent pas occulter l’aspect qualitatif et la satisfaction de l’usager.
Au même titre que le traitement des déchets, l’eau est certainement une des compétences les plus importante d’Est Ensemble.
L’eau est l’élément de référence le plus utilisé pour évaluer la qualité de notre environnement, elle a la particularité de garder toutes les traces de nos activités notamment les plus polluantes.
Nous avons choisi à Est Ensemble de porter une stratégie de développement durable et nous nous sommes interrogés sur la gestion de l’eau proposée par le Sedif / Véolia.
Les études présentées nous montrent qu’une autre solution en matière d’approvisionnement d’eau potable est possible. Et comme souvent, face au changement, certains font preuve de frilosité et nous proposent d’attendre 12 ans ! Ils invoquent de bonnes raisons de ne pas faire. J’en ai relevé quelques unes lors de nos différents échanges :
- Qu’est-ce que je fais si j’ai une fuite ? ou mes tuyaux sont trop petits.
- Est Ensemble n’a qu’à rendre la compétence eau aux différentes villes !
- Tentons l’expérience d’une sortie du Sedif sur quelques villes seulement !
Quid de l’intérêt communautaire,
- Pourquoi quitter le Sedif si c’est pour repartir sur un marché avec Véolia ! ou mes tuyaux sont trop petits !
Comme si Véolia était une fatalité, nous avons pourtant le choix d’allotir ce marché pour assurer les différentes prestations et d’éviter le dumping du cartel Véolia.
- Pourquoi avant Est Ensemble les villes n’ont-elles rien fait pour passer en gestion publique ! Eh bien si ! A Noisy-le-Sec nous avons voté dès 2008 un voeu à destination du Sedif pour repasser en gestion publique ; malheureusement, comme vous le savez, ce n’est pas cette option qui a été retenue par le Sedif.
Mais n’oublions pas l’essentiel, la protection de cette ressource est vitale pour les générations futures.
Le prix ne doit pas être le seul critère, même si Véolia réalise de large marge.
La protection des zones de puisage n’est pas satisfaisante, pourtant elle permettrait d’éviter des investissements lourds qui sont aujourd’hui financés par les collectivités.
L’entretien des canalisations est insuffisant, comme nous le montre l’étude, le taux de fuite ne diminue pas dans le temps. Les volumes ainsi perdus sont toujours facturés ; mais plus grave, le manque d’entretien sur le réseau est compensé par une sur utilisation systématique d’additifs comme le chlore qui semblent avoir une incidence sur notre santé et la préservation des ressources en eau potable.
Les habitants d’Est Ensemble sont de plus en plus impliqués, ils sont attachés à une gestion plus éco responsable de l’eau et à la mise en place d’une tarification sociale de son prix (par exemple à Libourne où un tarif très bas a été mis en place pour les 15 premiers m3.). Aujourd’hui, sur nos 9 villes, suite à des problèmes d’impayés, des familles n’ont plus accès à l’eau courante. Cette situation n’est pas tolérable.
Je crois que nous avons là l’occasion de nous donner un délai supplémentaire pour réaliser ce changement que d’autres collectivités ont déjà adopté comme Paris ou Cherbourg,… et d’apporter un message d’espoir à nos concitoyens.
Je vous rappelle que nous sommes une assemblée majoritairement de Gauche et que seule une gestion publique peut protéger durablement cette ressource, l’eau doit être un bien commun à l’humanité au même titre que l’air que nous respirons.


Marie-Geneviève Lentaigne (Verts, Les Lilas): Je ne comprends pas Mme Valls et M. Roger qui disent qu’ils veulent une gestion publique, et qu’ils sont intervenus pour une gestion publique avant. Après ce constat d’échec, pourquoi y retourrner ? Et comment imaginer qu’on y retourne pour en ressortir ? C’est une imposture. Qu’est-ce que signifie être des élus si ce n’est sortir de la dictature du court-terme, assumer ce qui est mieux pour la population. La gestion publique c’est mathématique c’est plus favorable à nos concitoyens qu’une multinationale opaque qui fait des bénéfices énormes. Passons aux actes, les électeurs ne nous comprendraient pas si on retournait au SEDIF, ils nous le disent sur les marchés.

Georgia Vincent (UMP Bondy)
: L’eau est un bien public, qui a un coût qu’il soit public ou privé. Ce ne sera pas gratuit. La qualité et le coût importent seuls la population, la question du public ou du privé n’intéressent pas les gens (la salle proteste et Kern rappelle l’assistance à l’ordre…) je ne dis pas qu’il ne faudrait pas le changer mais on n’a pas assez d’assurance.

Dominique Voynet (Verts, Montreuil) : Nous n’aurions sans doute pas eu ce débat dans ces termes il y a six mois, le débat avance avec les multiples échanges qui ont eu lieu. Le choix à faire n’est pas un choix idéologique, mais c’est un choix politique. Nous souhaitons faire un choix positif, alors que ce n’était pas le cas avant. Gilbert Roger remarque qu’aucune ville n’était sortie du SEDIF. Nous avons constaté qu’Eaux de Paris peut, que c’est moins cher. Nous sommes hors-délais sur les deux scénarios (contrat avec le SEDIF avant mise en place d’une régie, ou retour au SEDIF), de toute façon. J’ai souhaité privilégier la dimension communautaire, pour Montreuil, il n’est pas dans notre paysage mental de laisser les communes seules face au SEDIF mais nous ne souhaitons pas réadhérer, parce qu’aucune ville nous laissera sortir pour voir son prix local augmenter. Il y a une opportunité historique avec l’agglo. Syndicat mixte avec Paris (c’est ma préférence) ou une régie d’Est Ensemble. Certains partisans du retour au SEDIF ont le toupet de reprocher que tout n’est pas fait par le public à Eaux de Paris, la belle affaire ! Dans nos villes non plus ! La différence c’est qu’on ne donne pas un blanc-seing à une entreprise pour 12 ans !

Aline Archimbaud (Verts, Pantin) L’étude ne peut plus servir de base pour les élus communautaires. Elle a été faite pendant le plein été. Il faut 2 ans pour le faire. On ne pourrait pas ressortir du SEDIF ; si on y rentre, c’est 12 ans. La convention est possible légalement mais ça sera très dur, il faut négocier.

Alain Périès (chevènementiste Pantin) : Débat difficile, vous connaissez notre position politique pour une régie, il n’y a pas ceux qui laissent leurs idéaux à la porte. Nous sommes tous d’accord pour entrer dans une réflexion pour sortir du SEDIF, y retourner ou choisir Eaux de Paris, il y a peut être d’autres pistes à examiner (là avouons-le, c’est confus, mais il était tard, quelle autre possibilité ?). Si on a la volonté de quitter le SEDIF, avec la volonté politique, on quittera le SEDIF ! (pas de commentaire, c’est juste n’importe quoi…).

Mme Bréviaire (MODEM, Bobigny) : merci au public d’être venu, pour ce choix qui va engager la population. Considérant que les différentes options en dehors du SEDIF (par Calia) ne sont pas satisfaisantes, demander aux élus communautaires revient à demander une position idéologique. Oui on peut dire que l’eau est un bien commun, mais la non-préparation d’un changement de gestion rend impossible ce choix.

Bertrand Kern demande alors aux cabinets Calia et Sartorio : Est-il possible de faire une convention avec le SEDIF ?

Cabinet Sartorio
: La prolongation n’est pas possible (tout le monde le sait, mais ce n’est pas la question…), pour une nouvelle convention, il faut savoir ce qu’on veut (par exemple le marché Veolia nouveau contrat), si c’est par mandat, il faut faire un marché. S’il n’y a pas de mandat, prestation de service et de travaux, c’est hasardeux.
Bertrand Kern : Qu’en est-il de l’indexation des prix du SEDIF ?

Cabinet Sartorio : chaque trois mois, en fonction des gains de productivité (gelé les trois premières années, plutôt un facteur minorant). Cela n’empêche pas Veolia d’augmenter tous les trois mois (il y a « l’indexation » et « l’augmentation »).

Kern : Et la sortie du SEDIF, n’est-elle pas possible avant les 12 ans ?

Sartorio
: Juridiquement c’est possible, politiquement, cela dépend des membres… (la chose était sue déjà).

Christian Lagrange (PS Les Lilas, vice-président chargé de l’eau, anciennement représentant des Lilas au SEDIF) : Beaucoup de choses ont été dites. Les trois cabinets mandatés nous ont donné des renseignements précieux pour faire notre choix. Nous avons rencontré sept agglomérations pour voir ce qui se faisait. Il évoque très généralement les questions posées et les futures questions à se poser…

Bertrand Kern : Que peut-on retenir ? Que l’agglo garde la compétence eau. Qu’on poursuive les études pour voir comment gérer dans les années prochaines. Le 23, on verra à poursuivre les études.
Le rapport Calia plait plus maintenant qu’il rend possible un achat de l’eau à Eaux de Paris (oui, ils ont reconnu –péniblement-la vérité : qu’une régie publique est possible !).
J’ai un rêve comme à Libourne d’avoir une tarification sociale, ou comme à Paris d’avoir une régie publique (mais attention Kern veut que ça reste un rêve, c’est l’astuce…).
Mais ce que dit ce rapport c’est qu’il peut être viable et c’est difficilement contestable.
Le retour à une gestion publique de l’eau n’est pas viable dans les 3 ans ou 4 ans (et pourquoi pas 12 ? C’est 2 ans !). Ce débat n’est pas déterminé. Il faut être sûr des coûts, du temps et de la gouvernance.
Et si la majorité municipale change à Paris ? (Et alors, le SEDIF est à droite, ça n’empêche pas de fournir l’eau !)
Comment fait-on entre le 1er janvier 2011 et le moment où on pourra faire une régie. Juridiquement c’est clair : on ne peut pas faire une nouvelle convention (FAUX ! Relir la réponse du cabinet Sartorio!), qui nous vendra de l’eau en gros ? Il faudra faire un appel d’offre, pour le réseau, l’entretien, que Veolia remportera sûrement (et alors, au SEDIF, ce sont les mêmes…).
On peut aussi réadhérer au SEDIF (oh, les gros sabots…), mais il y a une incertitude, on n’est pas sûrs de pouvoir en ressortir (la ficelle est très grosse).
Et il refait le coup : au premier janvier, je suis redevable que l’eau coule dans les robinets (voir plus haut).